Chronique : ANDREAS GERTH/CARL OESTERHELT "Music for Unknown Rituals" (Umor Rex)


ANDREAS GERTH / CARL OESTERHELT
"Music for Unknown Rituals"
(Umor Rex)

Le 17 novembre dernier, le duo créatif formé par Andreas Gerth et Carl Oesterhelt a dévoilé son deuxième opus, "Music for Unknown Rituals", un voyage musical envoûtant édité par le label Umor Rex. Après deux ans de gestation, cet album offre une expérience sonore mélangeant habilement mystère, rébellion et une pointe d'adrénaline.

Dès les premières notes, la singularité de cet album frappe par son instrumentation peu commune, faisant appel à des éléments tels qu'un orgue d'église, un clavecin, des tubes de verre, et bien d'autres. À l'instar de leur premier opus, "The Aporias of Futurism", la tonalité demeure mystérieuse et sombre, mais cette fois, elle est teintée de rébellion, parfois de manière ostensible. Les morceaux, plus courts, séduisent par des rythmes complexes mais irrésistibles, créant un impact immédiat tout en préservant une atmosphère de solennité et de cérémonie.

Le processus créatif a débuté dans le pittoresque village de Döblitz, au sein d'une ancienne église abritant un orgue datant de 1886. Isolés avec cet instrument, des tubes de verre, et des synthétiseurs modulaires, Carl et Andreas ont façonné les bases de l'album. Le travail s'est ensuite poursuivi à Munich et Berlin, ajoutant des couches complexes à travers une variété d'instruments tels que la guitare électrique, le clavecin, la basse, le métallophone, le xylophone, et bien d'autres.

"Music for Unknown Rituals" se distingue par sa dichotomie sonore, souvent orientée à gauche et à droite dans le champ stéréo, créant une communication antiphonique immersive. Les références psychédéliques des années 60, notamment l'utilisation de la guitare électrique, ne sont pas nostalgiques mais plutôt des fragments intégrés dans une perspective contemporaine, post-moderne et post-romantique.

Conceptuellement différent de leur précédent album, "Music for Unknown Rituals" se présente comme une mise en œuvre pratique d'un manifeste révolutionnaire. Il évoque une sombre utopie de la modernité, où le libre arbitre cède aux mythes et à la catharsis d'une tragédie grecque. Le leitmotiv des mains, exprimant rituels, prières, ou défaite, ajoute une dimension histrionique et émotionnelle à l'œuvre.

Andreas Gerth, moitié de Driftmachine, et Carl Oesterhelt, membre de F.S.K et collaborateur de Hans-Joachim Irmler de Faust, unissent leurs talents pour créer une œuvre sonore puissante. "Music for Unknown Rituals" confirme leur capacité à repousser les limites de l'expérimental et à créer une expérience immersive, tout en affirmant la position unique du label Umor Rex dans le paysage musical expérimental, où l'ambient et l'électronique se rencontrent dans une symbiose envoûtante.

Prochainement en programmation dans Solénoïde, émission des musiques imaginogènes diffusée sur 30 radios/50 antennes FM-DAB !

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